Numerique et developpement durable (ODD)

Bonnes pratiques numériques au service du Développement Durable (ODD)

La plupart des pays africains disposent d’une stratégie numérique et d’une stratégie du développement durable qu’ils révisent périodiquement. Avant la date de l’échéance, une partie d’entre eux évaluent les progrès réalisés et le degré d’obtention des objectifs, puis ils analysent l’évolution du contexte national et international avant d’élaborer une stratégie actualisée. Certains font appel à des experts extérieurs pour évaluer et actualiser leurs stratégies, mais ces experts ont rarement la double compétence du développement durable et du numérique.

Il en résulte une question : Les stratégies sectorielles des Etats sont-elles cohérentes avec les Objectifs du Développement Durable (ODD), et prennent-elles en compte les potentialités du numérique ?

En septembre 2015, les 193 États membres de l’ONU ont adopté le programme de développement durable à l’horizon 2030, qui succède aux « Objectifs du millénaire pour le développement » adoptés quinze années plus tôt. Les « Objectifs du développement durable » (ODD, ou en anglais SDG) qui en résultent se déclinent en 17 objectifs, 169 cibles et 244 indicateurs pour réaliser trois accomplissements ambitieux au cours des 15 prochaines années :

  • mettre fin à l’extrême pauvreté ;
  • lutter contre les inégalités et l’injustice ;
  • régler le problème du changement climatique.

Même si le numérique intervient dans la réalisation de la plupart des objectifs et des cibles, les indicateurs des ODD reflètent peu cet état de fait. En effet, trois seulement des 244 indicateurs des ODD portent sur le numérique :

·         indicateur 5.b.1 : proportion de la population possédant un téléphone portable, par sexe ;

·         indicateur 9.b.1 : proportion dans la valeur ajoutée totale de la valeur ajoutée des secteurs de moyenne et haute technologie ;

·         indicateur 17.6.2 Abonnements à une connexion à l’Internet à haut débit fixe pour 100 habitants, par vitesse de connexion.

 

Cette prise en compte apparaît bien faible alors que l’évolution significative du numérique depuis 2015 lui permet de contribuer activement à chacun des objectifs. A titre d’exemple, les réseaux de fibres optiques et de télécommunications mobiles ne sont pas évoqués dans l’objectif 9 sur les infrastructures et l’innovation ; bien qu’elles fassent déjà l’objet de milliers de bonnes pratiques internationales fructueuses, ni l’e-éducation, ni l’e-santé, ni l’eGouv ou l’e-agriculture, n’y sont  pas non plus mentionnés.

Pour notre part, nous avons souvent constaté que les ODD et les potentialités du numérique transparaissaient peu dans les stratégies nationales des Etats, constituées en général par une stratégie globale de croissance et de partage des richesses et par un ensemble de stratégies sectorielles, correspondant peu ou prou aux compétences des différents ministères.

Pourtant, la plupart des Etats disposent d’une stratégie numérique, pilotée par le ministre chargé des TIC. L’évaluation de plusieurs d’entre elles montre que les stratégies ont été plutôt bien suivies dans le domaine des communications électroniques (cadre juridique, régulation, infrastructures de communications, administration électroniques…), de la compétence propre des ministres concernés, et plutôt mal conçues et appliquées dans les autres secteurs de l’Etat (e-santé, e-éducation, e-transports, e-innovation, e-emploi, e-social, e-finances, e-sécurité publique…) qui contribuent pourtant à l’économie numérique. Ce résultat tient à notre avis au fait que chaque ministère a tendance à travailler « en silo », et que la simple consultation des autres ministères lors de l’élaboration de leurs stratégies ne suffit pas à introduire les clauses adaptées en termes de développement durable et d’économie numérique.

En résumé, l’obtention des objectifs du développement durable nous semble être dramatiquement ralentie par un triple phénomène :

·         la faible prise en compte des potentialités du numérique dans le programme de développement durable à l’horizon 2030 ;

·         la faible prise en compte des ODD dans les stratégies sectorielles des Etats, et notamment, dans leur stratégie numérique ;

·         la faible cohérence des stratégies sectorielles entre elles.

 

Fort de ce diagnostic, il reste à parcourir les apports possibles du numérique à chacun des objectifs du développement durable, avant d’émettre des recommandations plus générales.

1.       Éradication de la pauvreté : sous toutes ses formes et partout dans le monde

Une stratégie numérique peut être plus ou moins inclusive, entraînant une diminution ou une aggravation de la fracture sociale entre riches et pauvres.

Dans un sens positif, des services sociaux basés sur l’identité numérique peuvent contribuer à la cible 1.3 d’accès aux aides sociales ; les obligations de licence des opérateurs et/ou le service universel, et/ou peuvent contribuer à la cible 1.4 d’accès de tous aux services de base, tels que les nouvelles technologies, les services financiers, la propriété foncière, etc.

Dans un sens négatif, le maintien d’un prix élevé pour l’accès aux technologies favorise les riches au détriment des pauvres.

2.       Lutte contre la faim : éliminer la faim et la famine, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable

La cible 2.3 prévoit de doubler la productivité agricole et les revenus des petits producteurs alimentaires, or des projets comme ceux de Manobi au Sénégal ont montré que l’e-agriculture pouvait contribuer activement à cet objectif.

Par ailleurs, le numérique est incontournable pour l’amélioration des filières agricoles et des marchés alimentaires, en favorisant les circuits courts, et en limitant ainsi la spéculation (cible 2.C.)

3.       Accès à la santé : donner aux individus les moyens de mener une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges

Des technologies de l’e-santé et de la m-santé sont désormais matures, et de nombreux exemples ont prouvé leur efficacité tant en matière d’information du public, que de prévention et de traitement des maladies et/ou des épidémies. Elles permettent aussi de développer les soins à domicile, limitant ainsi les coûts des hospitalisations.

Par ailleurs, les technologies émergentes d’e-transport peuvent contribuer à l’objectif 3.6 de réduction des blessures dues aux accidents de la route.

4.       Accès à une éducation de qualité : veiller à ce que tous aient accès à l’éducation et promouvoir des possibilités d’apprentissage de qualité dans des conditions équitables tout au long de la vie

Comme l’a montré le colloque de Dakar sur l’e-éducation[1], les technologies d’e-éducation associées en mode hybride aux techniques classiques d’éducation apparaissent désormais incontournables pour atteindre l’objectif 4 et ses différentes cibles.

5.       Égalité entre les sexes : parvenir à l’égalité des sexes en autonomisant les femmes et les filles

La cible 5B porte explicitement sur le numérique : 5.b Renforcer l’utilisation des technologies-clefs, en particulier de l’informatique et des communications, pour favoriser l’autonomisation des femmes.

Par ailleurs, le numérique peut aider à l’obtention des autres cibles de l’objectif 4.

6.       Accès à l’eau salubre et l’assainissement : garantir l’accès de tous à des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau

Le numérique et, en particulier l’internet des objets, peut grandement faciliter l’obtention de cet objectif en optimisant les réseaux d’eau, en surveillant et/ou pilotant à distance les installations de production, de transport et de traitement de l’eau, en identifiant et réduisant les pertes en eau sur le réseau, ou en permettant une péréquation et/ou une aide sociale ciblée sur l’acquisition d’une quantité définie d’eau potable par personne.

7.       Recours aux énergies renouvelables : garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et renouvelables à un coût abordable

L’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas. Le recours à l’internet des objets permettra de repérer instantanément et de pallier des fonctionnements anormaux, tels qu’une climatisation en fonctionnement dans un local mal isolé ou dont la fenêtre est ouverte, et d’améliorer ainsi l’efficacité énergétique des pays, comme le prévoit l’objectif 7.3 : D’ici à 2030, multiplier par deux le taux mondial d’amélioration de l’efficacité énergétique

Par ailleurs, le numérique est indispensable pour gérer des réseaux électriques intelligents, en permettant à des cellules photovoltaïques, à des éoliennes et à des groupes électrogènes d’optimiser, en temps réel, leurs apports respectifs au réseau, en fonction des besoins. Il contribue ainsi directement à l’obtention de l’objectif 7.2 sur le développement des énergies renouvelables.

8.       Accès à des emplois décents : promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous

Le secteur numérique est un secteur créateur de nombreux emplois qualifiés ou non qualifiés, liés notamment à la vente de recharges téléphonique ou aux développements informatiques. Il peut ainsi concourir activement à l’obtention de l’objectif 8 dans son ensemble.

Le développement des téléactivités peut, en outre, contribuer à réduire les accidents de déplacement liés au travail et donc accroître la sécurité au travail (cible 8.8).

L’expérience des pays développés montre que l’e-tourisme est un complément indispensable au développement touristique, et, à ce titre, il peut contribuer à l’obtention de l’objectif 8.9.

Quant au commerce électronique, il peut contribuer à favoriser ou, au contraire, gêner le développement des produits locaux, en fonction de la stratégie retenue, comme l’a démontré IPEMED[2] (cible 8.9)

Le numérique, et en particulier l’e-finances et l’e-assurance, prend une place croissante dans les services financiers et d’assurance, grâce à des technologies comme le mobile money ou la blockchain. Il contribue ainsi directement à l’obtention de l’objectif 8.10 Renforcer la capacité des institutions financières nationales de favoriser et généraliser l’accès de tous aux services bancaires et financiers et aux services d’assurance.

9.       Innovation et infrastructures : mettre en place une infrastructure résistante, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation

Les infrastructures de communication électroniques sont indispensables pour l’accès aux réseaux de communication à haut débit, concourant directement à la recherche et à l’innovation.

De plus, les métiers de la recherche et de l’innovation technologique évoluent profondément, grâce au travail collaboratif reposant sur des outils numériques.

10.   Réduction des inégalités : réduire les inégalités entre les pays et en leur sein

L’économie numérique profite principalement aux riches si elle n’est pas canalisée par un souci des plus pauvres. Elle peut donc favoriser ou aller à l’encontre de l’objectif 10.

Par ailleurs, les applications de mobile money et de cryptomonnaie, permettent en outre de diminuer sensiblement le coût des transferts de fonds. (cible 10.c)

11.   Villes et communautés durables : créer des villes et des établissements humains ouverts à tous, sûrs, résistants et durables

Les e-transports, tels que le covoiturage ou le partages de véhicules, quasiment inexistants lors de l’adoption des ODD, ont pris de l’importance et peuvent contribuer de façon déterminante à de meilleurs transports urbains et interurbains (cible 11.2)

Les « villes intelligentes » (smart-cities), qui tirent leur nom de leur capacité à mobiliser les technologies numériques (internet des objets, données ouvertes, blockchain, e-démocratie…), sont désormais incontournables pour l’urbanisation durable (cible 11.3).

Ainsi, les technologies numériques permettent désormais aux architectes de simuler les possibilités de réhabilitation du patrimoine national (cible 11.4).

En matière de collecte et de traitement des déchets (cible 11.6), les bonnes pratiques numériques d’e-environnement se multiplient pour accroître significativement leur efficacité, grâce au signalement des citoyens (USA, France) et /ou à l’internet des objets (ex Suisse).

De même les technologies de vidéosurveillance peuvent rendre les espaces publics plus sûrs (cible 11.7).

Enfin, les technologies de l’aménagement numérique du territoire et notamment le télétravail, peuvent contribuer à développer les interactions entre zones urbaines, périurbaines et rurales (cible 11.a.)

12.   Consommation responsable : instaurer des modes de consommation et de production durables

Sous réserve d’initier un programme de recherche approprié, le numérique rend désormais possible le calcul de l’empreinte écologique des personnes, des biens et des services, ce qui permettrait de mettre en place une fiscalité favorable aux ODD, qui cesse de taxer la valeur ajoutée, positive, pour taxer l’empreinte écologique, négative. Une telle fiscalité contribuerait à la consommation responsable (objectif 12).

La traçabilité permise par le numérique peut contribuer à mieux contrôler l’utilisation des ressources, par exemple les forêts (cible 12.2), de limiter pertes alimentaires (cible 12.3.), de gérer le cycle de vie des produits chimiques (cible 12.4)

De même, l’identité numérique pourrait permettre de rationaliser les subventions aux combustibles fossiles (cible 12.c) en les réservant aux seules personnes nécessiteuses, et non plus aux possesseurs des plus grandes flottes de véhicules.

13.   Lutte contre le changement climatique : prendre des mesures d’urgence pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions

Les technologies numériques d’observation de la terre (ex satellites) et d’e-éducation (enseignement à distance, serious games, jeux vidéo, réseaux sociaux…) peuvent apporter une contribution déterminante à la lutte contre le changement climatique.

 

14.   La vie sous l’eau Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable

Les drones sont utilisés par des pays comme le Maroc, pour la détection des pratiques illégales en matière de pêche (cible 14.6.). De nombreuses autres bonnes pratiques montrent que le numérique peut contribuer à la conservation des ressources marines.

15.   Protection de la faune et de la flore terrestres : préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité

L’usage des technologies numériques a fait ses preuves au Congo ou au Gabon pour la gestion durable de la forêt, voire même, au japon, pour la pollinisation.

Plus généralement, les technologies numériques ont un rôle croissant dans l’observation de la terre, l’identification des ressources et leur préservation.

16.   Justice et paix : promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes aux fins du développement durable, assurer à tous l’accès à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes

Avec l’émergence de la cybercriminalité, le numérique contribue désormais à déstabiliser les sociétés, tandis que la cybersécurité joue un rôle croissant pour la protection du patrimoine immatériel de l’Etat, la protection des données personnelles, le contrôle des migrations, etc.

Les bonnes pratiques d’e-justice permettent d’accélérer le coût d’accès à la justice et d’en faciliter l’accès (cible 16.3)

La traçabilité que permet le numérique permet d’identifier, et donc de réduire, les pratiques illicites de corruption, (cible 16.5) ; l’eGouv rend les institutions plus efficaces et transparentes (cible 16.6.)

Les outils collaboratifs, les consultations en ligne et l’e-démocratie permettent aux citoyens de mieux participer à la vie de la société (cible 16.7.)

Les expériences d’identité numérique (ID4D, ID4Africa…) contribuent à l’identification des personnes et la tenue à jour des fichiers d’Etat-civil (cible 16.9.)

L’e-Gouv et les données ouvertes sont au cœur de l’information du public (cible 16.10)

A l’inverse, une économie numérique mal régulée et  utilisée à des fins personnelles par des despotes ou par des entreprises multinationales monopolistiques peut nuire aux libertés personnelles.

17.   Partenariats pour les objectifs mondiaux : revitaliser le partenariat mondial au service du développement durable et renforcer les moyens de ce partenariat

Les technologies numériques et en particulier la télédéclaration, le télépaiement et le téléprélèvement des impôts permettent de simplifier, de raccourcir la collecte de l’impôt et des autres recettes de l’Etat, tout en diminuant la fraude (cible 17.1)

Les financements participatifs tels que le crowdfunding et la mise en place de fonds d’investissements technologiques « fintech » contribuent à favoriser les investissements des diasporas vers les pays en développement (cibles 17.3. et 17.5.) tout en développant les technologies (cibles 17.6. à 17.8.).

Le rapport précité d’IPEMED sur le commerce électronique en Afrique expose en quoi il peut contribuer positivement à un commerce plus équitable (cibles 17.10 à 17.12)

Quant au renforcement de capacité (cible 17.9), et à la cohérence des politiques entre elles et avec les ODD (cibles 17.13 à 17.19), ces cibles nous semblent si fortement liées à notre propos qu’elles inspireront notre conclusion.

 

Voici en effet cinq recommandations tirées de notre expérience, que nous appelons de nos vœux pour la mise en œuvre des ODD dans leur ensemble, et des cibles 17.9[3] et suivantes en particulier :

 

1.       Sensibiliser et mobiliser les acteurs nationaux

Les institutions chargées de la politique des Etats, de même que les grandes entreprises, les ONG, partis politiques et leurs responsables, parmi lesquels les DSI, ont tous une responsabilité et un rôle à jouer pour mieux prendre en compte les potentialités du numérique et les objectifs du développement durable dans leurs domaines de compétence respectifs. Un minimum de sensibilisation et de formation de ces acteurs apparaît cependant nécessaire.

 

2.       Réviser les stratégies nationales en fonction des ODD et des progrès du numérique

Le numérique a fait de tels progrès au cours des dernières années que ses potentialités doivent, à notre avis, irriguer toutes les stratégies sectorielles de l’Etat et tous les objectifs du développement durable. Il s’agit en pratique de réviser les stratégies sectorielles de l’Etat lorsque l’occasion se présente, en faisant appel à un expert du numérique et des ODD, et/ou en s’inspirant des réflexions ci-après.

 

3.       Concevoir une fiscalité favorable aux ODD

Les technologies numériques (IoT, RFID, ID4D…) rendent désormais possible le calcul de l’empreinte écologique des personnes, des biens et des services. Un programme de recherche permettrait à notre avis de faire évoluer la fiscalité pour qu’elle contribue activement à l’obtention des ODD, en cessant de taxer la création de valeur ajoutée, qui leur est favorable, pour taxer l’empreinte écologique, qui leur est défavorable. Une telle fiscalité contribuerait alors à la lutte contre la pauvreté, au développement économique et social et à la consommation responsable.

 

4.       Compléter les indicateurs des ODD par un indicateur de maturité numérique.

Sans doute conviendrait-il de compléter des indicateurs généraux comme « la proportion des dépenses publiques totales affectées aux services essentiels (éducation, santé et protection sociale) » par un indicateur de maturité numérique de ces services, qui mesurerait le degré de prise en compte de l’e-éducation l’e-santé, l’e-social. La faisabilité de cette prise en compte a été démontrée lors d’une mission pour la Banque mondiale aboutissant à la recommandation d’ajouter deux critères (la maturité numérique et la cohérence avec les ODD) à l’analyse multicritères PIMA du FMI[4] pour une meilleure prise en compte de ces deux aspects dans les politiques publiques d’investissements.

 

5.       Impliquer les partenaires techniques et financiers, avec l’aide de l’UIT et de Smart Africa.

De même que les ministres du numérique ont un rôle à jouer pour la prise en compte du numérique dans les stratégies de leurs collègues ministres, il nous semble que l’Union Internationale des Télécommunications (UITD) pourrait d’avantage s’impliquer en vue de favoriser la prise en compte du numérique dans les stratégies sectorielles des agences spécialisées des Nations Unies. De même, des organisations comme Smart Africa[5] pourraient jouer un rôle similaire vis-à-vis de l’Union Africaine et des instances régionales.

 

6.       Favoriser le partage de bonnes pratiques numériques pour les ODD

Nous avons évoqué ici quelques exemples de bonnes pratiques numériques au service du développement durable or il en existe des milliers et chacun s’évertue à en développer de nouvelles sans connaître les anciens. Considérant que les pays en développement sont confrontés à des problèmes voisins, nous appelons de nos vœux une initiative de partage des bonnes pratiques numériques pour le développement durable, en créant une plateforme numérique dédiée, telle que prévue dans le projet Bangtaba qui veut dire en langue Moré : « asseyons-nous et causons[6] ».

 

 

Alain (Kouassi) Ducass

Catalyseur de la transition énergétique et numérique de l’Afrique

www.energeTIC.fr

+33 6 8546 1982

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] Colloque de Ciomag du 3 février 2018 à l’Institut français de Dakar, et publication d’Houraye Mamadou ANNE, Oumar DIONG, Malick SOUMARE  et Alain DUCASS,  Décryptage de l’e-éducation en Afrique (http://energetic.fr/?p=246)

[2] Le commerce électronique en Afrique. Maroc, Tunisie, Sénégal et Côte d’Ivoire,  Etude d’Alain Ducass pour IPEMED Avril 2016.

[3] Apporter, à l’échelon international, un soutien accru pour assurer le renforcement efficace et ciblé des capacités des pays en développement et appuyer ainsi les plans nationaux visant à atteindre tous les objectifs de développement durable, notamment dans le cadre de la coopération Nord-Sud et Sud-Sud et de la coopération triangulaire.

[4] Fonds monétaire international,  Public Investissement Management Assessment (méthode PIMA)

[5] https://smartafrica.org/

[6] La plate-forme Bangtaba proposée par energeTIC et IPEMED est basée sur des outils collaboratifs permettant d’ouvrir un millier de communautés virtuelles nationales souveraines ou internationales thématiques, un réseau social permettant de circuler entre les parties visibles des communautés et une monnaie virtuelle permettant de rémunérer les apporteurs de bonnes pratiques en faisant payer les utilisateurs, pour que le projet demeure une fois la subvention initiale consommée.