Vers la création d’un réseau PACTE

(Professionnels de l’Accompagnement des personnes en Conflit, Tension ou Échec)

Si notre profession de médiateurs veut que la médiation se développe, j’estime qu’elle doit donner l’exemple en ayant elle-même recours à la médiation dans ses propres conflits internes et externes.

La seconde priorité consiste à communiquer auprès du public à propos de la médiation et, plus largement à propos des conflits. D’autres ont déjà eu cette idée au point que Village de la Justice référence une vingtaine de plateformes dédiées aux conflits parmi lesquelles :
_ la plate-forme « Mon conflit -quelles solutions » portée par le Centre de Justice Amiable des Avocats (CJ2A),
_ la plate-forme « nos conflits » portée par le syndicat professionnel des médiateurs (SYME)
_ la plateforme Conciliateurs de France, portée par la fédération nationale des conciliateurs de justice.

L’ennui avec ces initiatives est qu’elles sont orientées vers les solutions (le contentieux, la médiation, la conciliation, etc.) et non pas vers le public qui se trouve en situation de conflit. Suivant les cas, il peut en effet avoir besoin d’un thérapeute, d’un coach, d’un conciliateur, d’un facilitateur, d’un avocat, d’une association de victimes,  d’un centre d’accès au droit ou d’un médiateur, etc.

Parmi les initiatives qui me semblent aller dans le bon sens, quatre d’entre elles me semblent pertinentes :

  • le  CTMUA porte un projet appelé « médiateurs-contacts » Il s’envisage de créer une plateforme téléphoinique tenue par des « médiateurs-contacts » bénévoles. Ceux-ci  écoutent les personnes en conflit lors d’un premier entretien en leur permettant ainsi de prendre du recul avec leur conflit. Ensuite ils les orientent  vers les professionnels adaptés, médiateurs ou non.
  • Le Campus des conflits envisage de réunir une fois par an des professionnels du conflit de toute origine et formation, pour échanger des méthodes et des idées.
  • le réseau Avocat Pulse porté par Sylsie Albertelli, vise aussi à ouvrir les avocats à d’autres modes de régulation des conflits que le contentieux pur.
  • Le site collaboratif Gogocarto propose déjà une cartographie des facilitateurs en intelligence collective et celle-ci pourrait être répliquée pour établir une cartographie interactive des professionnels des conflits.

Personnellement je rêve d’élargir le cercle des médiateurs à d’autres catégories de professionnels du conflit et j’envisage la création d’un réseau PACTE des Professionnels de l’Accompagnement des Personnes en Conflit, en Tension ou en Echec.

Avec médiateurs contacts, je rêve d’une plate-forme de contact avec les usagers, qui soit orientée vers le client et non vers les solutions et qui propose une permanence téléphonique gratuite avec des personnes formées à l’orientation du public vers les professionnels adaptés à leur situation, un peu à la manière des médecins généralistes.

Avec Gogocarto, je rêve que cette plateforme ne se substitue pas aux plates formes existantes, mais qu’elles leur soit interconnectées grâce à des outils numériques collaboratifs, comme par exemple la cartographie des facilitateurs.

Avec les acteurs de l’économie solidaire, je rêve que cette plateforme soit rémunérée par un paiement libre et conscient de la part des personnes qui ont pu dépasser leur conflit grâce à des professionnels liés à la plateforme et voici comment. A titre d’exemple,  j’ai mené récemment une médiation avec des parties en conflit depuis plusieurs années. Elles ont payé plus de 50 000 € de frais d’avocats et sont parvenus à un accord grâce à une médiation qui leur a coûté 1200 € au total, conformément à la provision fixée par le juge. Il me semble que ce travail de médiation valait beaucoup plus, si bien que j’envisage de proposer aux parties un complément, sous forme d’un  Fonds de dotation dédié à la promotion de la médiation et à la pacification des conflits, qui permettrait à des personnes peu fortunées de recourir à un médiateur professionnel ou à un autre professionnel des conflits.

Pour que ces rêves deviennent réalité, j’entreprends trois séries d’actions :
1. une série d’entretiens avec des personnes ayant des projets voisins, tels que Sylsie Albertelli, Isabelle Albertelli, Catherine Bonnin, Marcel Britto et d’autres personnes potentiellement intéressées ;
2. Une intervention le 28 septembre au Campus des conflits pour présenter le projet PACTE ;
3. La publication d’un nouveau livre sur les modes amiables vus du côté des clients.

PS Merci à Saïda Chebili, présidente de l’Association tunisienne de médiation, pour son tableau des barques à Djerba qui m’évoque le dialogue et la tranquillité.

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