Un proverbe africain rappelle que « le savoir comme le feu se cherche chez le voisin. »

Il ne précise pas chez quel voisin aller chercher ce savoir, qui peut être de trois types :

  • savoir théorique ou connaissances ;
  • savoir-faire ou pratique ;
  • savoir-être ou attitude.

Dans notre monde mondialisé et complexe, le savoir-faire et le savoir-être en entreprise constituent les « soft-skills » si recherchées en entreprise, car elles permettent de réussir des projets, mais aussi de se réinventer en permanence pour s’adapter au contexte changeant.

Notre triple expérience de consultant, coach et formateur nous permet d’avancer l’hypothèse que :

  • le consultant apporte essentiellement un savoir sous la forme de compétences théoriques qui s’adressent principalement au cerveau (ex : je connais les règles de droit applicables ou bien telle technique de l’ingénieur)
  • le formateur apporte essentiellement un savoir-faire sous la forme de compétences pratiques qui s’adressent principalement au corps (ex : je sais parler anglais, je sais créer un site web…)
  • le coach apporte essentiellement un savoir-être sous la forme de compétences relationnelles et humaines qui s’adressent principalement au cœur (ex : je suis empathique, innovant, autonome, solidaire…)

Les DSI et autres responsables d’entreprise doivent donc être capables d’identifier leur besoin pour savoir trouver l’appui opportun : consultant, formateur ou coach en fonction de leur besoin.

Le consultant apporte essentiellement un savoir

Le conseil est une activité très ancienne puisque les rois ont toujours eu des conseillers Aujourd’hui, de nombreuses entreprises recourent aux services de consultants externes. Elles bénéficient ainsi de compétences diversifiées non maîtrisées en interne, pour aborder un problème difficile ou délicat, avec un diagnostic initial, une vision de l’objectif souhaité et un éventail de solutions envisageables, de  façon à prendre rapidement des décisions sur divers sujets. Pour que le conseil soit profitable, que le client voie plus clair et sache où aller, il faut un bon cahier des charges, sachant qu’ « un problème bien posé est à moitié résolu ».

Le formateur apporte essentiellement un savoir-faire

Bien poser un problème nécessite un savoir-faire particulier qui s’apprend. Avec l’émergence de  l’e-éducation, on constate que le savoir est de plus en plus disponible en ligne, tandis que le fait d’identifier, de chercher et de trouver ce dont on a besoin nécessite un apprentissage particulier. Un tel apprentissage implique en général un accompagnement de la part d’un formateur qui peut guider, orienter et corriger l’apprentissage.

Le coach apporte essentiellement un savoir-être

Même s’il puise ses sources dans la maïeutique de Socrate, le coaching professionnel s’est développé au 19ème siècle avec l’apparition des entraîneurs sportifs puis au 20ème siècle avec  le coaching de dirigeants d’entreprise. Fort de ses compétences en matière de psychologie et de conduite du changement, le coach se situe aux côtés de la personne accompagnée dans une position d’égalité. Le client définit son objectif personnel ou institutionnel et le coach s’efforce de discerner le besoin au-delà de la demande, puis d’identifier des blocages personnels ou institutionnels qui ont empêché jusqu’ici le client d’atteindre convenablement son objectif. La présence du coach à ses côtés, permet en général au client de prendre conscience de ses mécanismes réactionnels conscients ou inconscients, et d’explorer d’autres voies d’actions mieux adaptées à ses objectifs. Il en résulte un changement chez le professionnel accompagné et, par contrecoup, de changements dans la structure à laquelle il appartient.

Le consultant, formateur et coach conjugue les compétences des trois métiers, nécessitant des formations très complémentaires et distillant savoir, savoir-faire et savoir être, en fonction du contrat établi avec le client et en adaptant explicitement sa posture sur l’un des trois métiers en fonction des besoins du client. Voici deux exemples vécus dans le cadre d’un contrat avec la société energeTIC :

Une entreprise franco-africaine cherchait une réponse appropriée au changement de contexte lié au confinement et établit un contrat de consultant-formateur-coach de huit journées :

  • energeTIC débuta en tant que consultant par une approche systémique pour analyser le contexte et situer les forces, faiblesses, opportunités et menaces de l’entreprise ;
  • Une séance de coaching, avec une approche de type Processwork, permit au dirigeant de retrouver son rêve initial du fondateur, d’évoquer les principales tensions s’exerçant actuellement sur l’entreprise, et de les vivre dans un cadre sécurisé avec des jeux de rôles lui permettant d’envisager de nouvelles approches ;
  • Une séance de coaching avec l’équipe et le dirigeant leur permis d’aborder les sujets les plus délicats et de renforcer leur cohésion, au point que l’équipe demanda des réunions périodiques pour évoquer des sujets de long terme, non directement opérationnels ;
  • Une séance de formation donna des points de repère utiles au dirigeants sur l’alignement stratégique et le plan marketing de l’entreprise ;
  • Un travail de consultant vint clôturer l’accompagnement, avec la proposition d’un plan stratégique et d’un plan d’actions incluant des innovations sur les points entrevus comme els plus sensibles.

Ayant été licenciée, une spécialiste du monde arabe s’inquiétait de son avenir, en hésitant entre la recherche d’un nouvel emploi, rendu difficile par son âge, et la création d’une entreprise, présentant un risque de difficultés financières, au cas où l’entreprise ne soit pas profitable.

  • La majeure partie de l’accompagnement fut consacré au coaching ponctué de relaxations permettant à la cliente de sortir de la réflexion pure, pour mobiliser d’autres fonctions de sa personne et notamment ses sensations, ses émotions et ses sentiments. Un travail sur les conditions du licenciement lui ont permis de découvrir ses angles morts. Un autre travail lui a permis de retrouver ses désirs profonds, présents depuis l’enfance et d’exprimer les priorités et les valeurs qui ont traversé les ans. Un travail sur l’usage de sa liberté lui a permis de négocier avantageusement une prime de licenciement. Au terme de l’accompagnement, une séance de coaching fut encore nécessaire pour qu’elle puisse choisir librement de transgresser sa famille qui la voyait dans une autre posture que celle d’entrepreneur indépendant.
  • Une formation fut nécessaire pour lui enseigner les rudiments de la création d’entreprise et la recherche des clients ;
  • Un accompagnement fut enfin nécessaire, en travail collaboratif sur des outils comme Trello pour l’aider à mener de front les nombreuses tâches qu’implique une création d’entreprise.

En conclusion, j’espère que les termes de référence des futurs appels d’offres de prestations de services seront progressivement étendus à la formation et au coaching pour que le client augmente non seulement ses connaissances mais aussi son savoir-faire et son savoir-être.

Alain Ducass dit Kouassi
Consultant, formateur, coach et médiateur
https://energeTIC.fr
alain.ducass@energeTIC.fr
+336 8546 1982

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